
À quelques mois de son traditionnel rendez-vous estival, le circuit d’Höljes aborde un tournant décisif. Privée temporairement du statut de manche du championnat du monde, l’épreuve suédoise entend rebondir en misant sur une refonte du rallycross européen et une participation annoncée comme exceptionnelle.
Le paysage du rallycross international a profondément changé. Le championnat du monde a été mis entre parenthèses pour 2026 et 2027, laissant le championnat d’Europe redevenir le sommet de la discipline, comme avant 2014.
Pour Morgan Östlund, directeur de l’épreuve, cette transition était devenue inévitable :
« On ne pouvait pas continuer comme ça. Mais maintenant, la FIA a un plan. On repart de zéro, on revient aux fondamentaux », souligne le président du comité d'organisation dans les colonnes du Nya Wermlands Tidningen.
Après plusieurs saisons marquées par des coûts élevés et des orientations techniques discutées, notamment autour de l’électrique introduit en 2022, la Fédération internationale de l’automobile cherche désormais à simplifier le modèle pour attirer davantage de concurrents.
Dans ce climat de transition, Höljes avance avec prudence. L’accord signé avec la FIA ne porte que sur une seule saison, contrairement aux contrats de trois ans habituellement privilégiés.
« Nous avançons année par année, il y a tellement de changements », explique Östlund.
Ce choix reflète une période charnière pour la discipline, alors que le championnat du monde doit faire son retour en 2028 avec une nouvelle base technique alignée sur le rallye mondial.
Outre les traditionnelles catégories RX1 et RX3, le championnat d'Europe accueillera les voitures du groupe Rally4 (RX4) et les CrossCar (RX5). Si cette dernière catégorie ne risque pas de manquer de candidats, la donne pourrait être différente en ce qui concerne le RX4 aux yeux de Morgan Östlund.
« Nous sommes un peu inquiets de voir comment cette catégorie va se développer en si peu de temps. Je suis en revanche beaucoup plus confiant en ce qui concerne les CrossCar. »
Pour renforcer l’attractivité de l’événement, le championnat de Suède sera pleinement intégré au programme, de même que la catégorie FC2, avec des courses dès le vendredi matin.
« Nous attendons 120 participants dans le championnat de Suède, donc je pense que nous pourrions battre un record de fréquentation », annonce Östlund.
L’édition précédente, perturbée par la météo, avait attiré 21 900 spectateurs et laissé des inquiétudes financières. Aujourd’hui, les signaux sont un peu plus positifs.
« La situation est un peu meilleure que l’an dernier. Nous avons lancé la vente de billets et nous gardons la tête hors de l’eau. Nous avons repris d’anciennes dettes et, une fois remboursées, la situation sera un peu meilleure. Nous avons retrouvé un peu de confiance. Les choses semblent positives et il y a une vision pour l’avenir. »
La participation des figures majeures du rallycross, comme Johan Kristoffersson, reste en suspens. Le passage du statut mondial à européen pourrait freiner certains pilotes.
« Quelques-uns viendront, mais je ne sais pas où chacun se situe ni comment ils veulent s’engager. Du point de vue du public, je ne pense pas qu’ils fassent la différence entre championnat du monde et championnat d’Europe. Ce qui compte, c’est d’avoir beaucoup de pilotes en piste. Je pense que le vent tourne en notre faveur », confie Östlund en guise de conclusion.